La société du spectacle, À l’avant garde politique et artistique


Cinéma / lundi, mai 28th, 2018

 GUY DEBORD

Un auteur qui me séduit et qui m’inspire particulièrement encore aujourd’hui; il s’agit de GUY DEBORD (1931-1994) Visionnaire, il dénonçait déjà les dérives de notre société déshumanisée et marchande à fort.

 

Alors je ne pouvais pas inaugurer cette rubrique sans vous faire circuler quelques unes des ses grandes lignes et notamment de son oeuvre « La société du spectacle » . Encore plus que jamais d’actualité à notre ère capitaliste.

 

La Société du spectacle, est un livre écrit en 1967 par Guy Debord. C’est une thèse politique qui aura une grande importance au 20ième siècle. Il réalisera par la suite un film éponyme  en 1973 traduit de son livre avec ce procédé de _cinéma -montage_à partir d’images d’archives, c’est ce qui caractérise particulièrement son cinéma.Où comment il consiste à donner un nouvel ordre du temps et de sens à partir d’anciennes images  récupérées.


« L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé (qui est le résultat de sa propre activité inconsciente) s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir. L’extériorité du spectacle par rapport à l’homme agissant apparaît en ce que ses propres gestes ne sont plus à lui, mais à un autre qui les lui représente. C’est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle part, car le spectacle est partout. »

Guy DEBORD, La société du spectacle, Folio essais, 1992

D’aprés Debord, le spectacle est ce qui vient diviser le spectateur de sa propre vie. La séparation achevée, c’est l’achèvement de l’hétéronomie. La contemplation passive du spectacle est un mouvement de désappropriation. Pour celui qui s’y abandonne, l’équation est simple : « plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir. […] Ses propres gestes ne sont plus à lui, mais à un autre qui les lui représente ». Pour résumer, comme il l’écrit, « le spectacle dans la société correspond à une fabrication concrète de l’aliénation». Il s’agit d’un développement mondial, puisque même «Là où la base matérielle est encore absente, la société moderne a déjà vampirisée spectaculairement la surface sociale de chaque continent »(..)

À l’exception peut-être de quelques îlots de culture ancienne qui survivent péniblement, tout serait désormais soumis et conforme aux exigences du capitalisme. Pour Debord, « il n’existe plus rien, dans la culture et dans la nature, qui n’ait été transformé, et pollué, selon les moyens et les intérêts de l’industrie moderne»

 

Aujourd’hui on assiste à un renforcement de la spectacularisation : le spectacle s’est mécanisé.           Le spectacle est partout.Il n’est plus là pour faire la publicité du capitalisme ou de la consommation, mais c’est sur lequel on accorde toute notre attention. Il devient le vecteur principal.Le pouvoir est un spectacle, le spectacle est un pouvoir.

LA LIBÉRTÉ DE CONSCIENCE

« Le spectacle est le capital à un tel degré d’accumulation qu’il devient image »

Cela nous mène vers cette question philosophique et politique:  Est ce réellement la faute aux médias. Le problème est-il nouveau ? Avant internet, avant la télévision, le cinéma, avant la radio, les journaux et magazines, avant l’agrandissement des médias, les êtres humain étaient-il acteurs dans leur monde, rêvaient-ils leurs vies?

Il ya toujours eu du spectacle, même si on remonte aux temps les plus anciens, la mythologie, s ‘il y a art il y a artifice, pour la représentation d’un monde qui soit plus supportable à vivre.Platon déjà assurait que ce qui transforme la réalité (même pour l’embellir) peut être subversif, dangereux. Il voulait retirer les artistes de sa République idéale.

Selon moi le spectacle peut être poétique ce qui, en revanche est dangereux est l’instrumentalisation politique et sans conscience de celui-ci. Le pouvoir du chiffre et du chiffre qui peut désacraliser aussi tristement que rapidement.Un spectateur doit être averti de ce qu’il contemple, lit, écoute, reçoit.

On peut toujours, surtout aujourd’hui (avec l’information si accessible), se renseigner par soi-même, penser le monde, y agir, loin de se contenter de la passivité du spectateur.Aussi despotique puisse apparaître le pouvoir des médias, n’est que très pauvre face à l’esprit critique. Aucun despote ne peut déshumaniser personne : le contrôle absolu est a renié pour celui qui s’informe. Nous sommes et resterons libres, quoiqu’il arrive : il suffit de penser.

Ici je ne vais pas te tracer tout le résumé de ses écrits et réalisations, toutefois je t’incite si ta curiosité te le fait sentir d’aller faire tes propres recherches. je voulais surtout te mener sur quelques pistes de réflexion 🙂 

« Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images. »

Cela nous apprend que toi seul est capable de trouver ta vérité, tes recherches peuvent t’indiquer des outils de compréhension mais toi seul connait la voie que tu as envie d’entreprendre.L’art est si vaste, et la poésie nous aide à supporter ce monde. Inspire moi, inspire-nous.

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